vendredi 21 juin 2013

Loïc Chaigneau: il n’y a de pensée que pour l’agir.



 Philosophie , Corps/Âme -



Il n’y a de pensée que pour l’agir. Notre pensée est de fait liée au corps, la nature l’a voulue ainsi. Alors penser pour penser ne semble pas logique. Penser c’est agir, la pensée a vocation à intervenir dans l’action du corps.
De fait, et toutes les recherches scientifiques actuelles prouvent qu’il est quasi insensé de séparer ce qu’on a longtemps appelé « l’âme » du corps, l’un et l’autre sont liés de manière évidente, de tel sorte que lorsque ma psyché est touchée - c’est-à-dire que si j’éprouve une souffrance morale plus ou moins similaire à de la dépression par exemple, et bien très vite les répercussions sur mon corps se font ressentir. A l’inverse, la douleur physique, elle, selon son intensité et sa durée provoque un mal-être profond de l’âme… Si par exemple une douleur profonde me plonge dans l’immobilité totale, très vite des symptômes dépressifs vont apparaître. Les liens entre le corps et l’âme ne sont donc plus à prouver aujourd’hui tant ils nous apparaissent évident.
Pour autant, on en vient toujours à séparer les productions de l’âme de celles du corps et notamment la production de l’âme qu'est la pensée. De la même manière, théorie et pratique sont bien souvent séparées. Il n’est pas rare de voir opposées l’intelligence pure à l’action pratique.
Or, bien que l’intelligence pure existe (elle relève notamment de la raison spéculative et du questionnement métaphysique), l’action pure n’a quant à elle aucun sens, toute action est pensée au moins de manière inconsciente afin de faire agir le sujet qui fait l’action. Toute action est donc précédée d’une pensée. De la même manière toute pensée a aussi besoin d’un corps, car bien qu’on ait déjà vu des corps sans pensée, jamais une pensée n’a été observée sans corps.
Dès lors, on peut imaginer qu’il n’y a de pensée que pour l’action. Puisque la pensée a besoin du corps pour être, en retour, toute pensée semble avoir vocation à faire agir. Ici il faut évidemment prendre l’action au sens de l’agir et non de l’action comme simple rapport de mouvement physique que le vent pourrait par exemple exercer sur une pierre. En somme, je dirais que s’il y a pensée, alors c’est en fonction de l’agir, du moins à l’origine. La pensée n’a pas pour but premier de s’égarer vers un horizon inconnu. C’est par la suite seulement que la pensée en vient à s’interroger sur les essences et donc à se poser des questions d’ordre métaphysique qui ont toutes leurs valeurs puisque constitutives elles aussi de ce qui fait le propre de l’homme (pour autant, même la métaphysique trouve son accomplissement dans les mœurs chez Kant.) Mais, au premier degré de l’homme il semble évident que la pensée ait pour but l’agir.
Ainsi, on remarque à quel point il est stupide de vouloir établir des barrières entre la théorie et la pratique, entre d’un côté les « penseurs professionnels « et de l’autre les travailleurs ignares. Aussi je me joins à Marx dans sa volonté de libérer les hommes de l’aliénation afin de faire de chaque Homme un homme total ou complet qui serait tout à la fois, producteur, poète (artiste, au sens de poesis, le créateur) et philosophe. Cultivons notre jardin, dans tous les sens du terme….

Loïc Chaigneau
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