lundi 26 mai 2014



Source : http://www.laffranchipresse.fr/article/2014/05/26/victoire-americaine-aux-elections-europeennes


fnvictoire

   Une fois encore, la pièce de théâtre a parfaitement bien été jouée. Rien en réalité ne pouvait être plus profitable au système qu’une victoire toute relative du Front National ce 25 mai 2014.
Il nous faut constater d’ores et déjà que la « vague bleu Marine » avec laquelle (dont) médias et politiques nous rebattent les oreilles depuis plusieurs mois n’est tout au plus qu’une petite secousse, si ce n’est en fait une chute progressive de l’ensemble des partis traditionnels.              Certes, il est incontestable que le Front National est arrivé en tête à ces élections. Pour autant, Si nous faisons l’effort de nous intéresser au score final en tenant compte des taux de participation et d’abstention, il est assez aisé de constater que la vague n’emporte plus grand monde avec elle… En effet, en 2012, le FN faisait un score de 18% avec 6 421 426 votes en sa faveur. Or, dimanche, ce sont environ 4 500 000 électeurs qui se sont déplacés pour soutenir le FN, pour un score final de 25% dû à l’abstention significative de 56,84% des inscrits. Ce sont donc près de deux millions d’électeurs alliés au Front en 2012 qui n’ont pas voté pour lui à ces élections européennes. En réalité, la popularité du Front national est en chute constante depuis 2002. Ce qui lui offre cependant sa place de « premier parti de France » actuellement, c’est le fait qu’une part importante de Français daigne vouloir se déplacer pour le FN comme pour l’UMP ou le PS etc.

Outre cela, il est à noter que cette soi-disant poussée du FN n’est que le résultat de des nombreux passages médiatiques auxquels ce parti à eu droit, à commencer par BFM TV qui est presque devenu une tribune libre pour la famille Le Pen, du grand-père à la petite fille, en passant par leurs acolytes, Louis Alliot, Floriant Philippot etc. C’est là l’un des paradoxes actuels les plus frappant, alors même qu’une majorité de la population ne croit plus dans les médias mainstream, celle-ci continue d’aller voter pour les personnes ou parti les plus représentés.              Ce résultat n’est donc en rien étonnant. Au contraire, ce résultat est le parfait accomplissement du mécanisme d’asservissement électoral utilisé depuis trente ans maintenant. Il est bon, pour le parti Unique, de faire monter de temps à autre le FN, diable de la scène politique, afin justement de pouvoir renforcer l’électorat autour de lui. Ces élections européennes, dont la plupart des partis se moquent éperdument (il suffit pour le constater de voir le peu d’actions militantes réalisées sur le terrain par les grands partis pour s’en apercevoir) était l’occasion parfaite de promouvoir le FN, donnant en plus l’illusion démocratique, avant de reprendre le contrôle lors des élections régionales et présidentielles. Comment ? Toujours par le même mécanisme qui s’exerce depuis la présidence de Mitterrand : en faisant monter d’abord le FN pour ensuite appeler à se réunir autour du parti Unique contre l’affreux de la République. Dans cette pièce, le FN connaît et joue parfaitement bien son rôle et saura comment se mettre en retrait lors des prochaines élections, ne serait-ce qu’en ayant recours aux phrases assassines et racistes de Jean-Marie Le Pen ou bien en allant valser auprès de groupuscules ou partis nazis, entre autres. Comme je l’explique dans mon livre, le Nouveau fascisme, le FN est le Goldstein parfait de ce système, qui lui permet de perdurer. C’est un faux-ennemi, en fait parfait allié.
Qu’adviendra-t-il en plus de tout cela lorsque les citoyens ayant votés pour le FN s’apercevront, sans doute, qu’hormis le fait de s’enrichir et de déclamer de longues tirades sur les pédophiles au Parlement, celui-ci ne changera rien ? Il suffit pour s’en convaincre de lire la profession de foi du Front National où il n’est ni question de sortir de l’U.E, ni de l’euro. Il est simplement question une fois encore d’  « Une autre Europe ». L’une des premières déclarations de Mme Le Pen hier au soir ayant été que « l’Europe ne peut plus se construire sans la volonté des peuples »…                                                                                                                                                                                                                                      Mais l’instrumentalisation perverse des électeurs va sans doute bien au-delà. Lors de cette campagne, les articles ayant mis en avant les différents partis soi-disant « eurosceptiques » au travers de l’Europe ont été nombreux ainsi que les sondages et statistiques qui se voulaient inquiétants face à l’attitude critique des populations envers l’UE.
Tout ceci peut donc laisser penser que l’essentiel va maintenant se jouer lors des élections régionales et présidentielles afin de mettre véritablement en place les Euro-Régions tout en détruisant les Etats-Nations et en déstructurant l’UE telle qu’elle est aujourd’hui. Ainsi, il ne sera plus question d’une construction européenne forcée alliant des peuples divers, mais il s’agira de la mise en place réelle des Etats-Unis d’Europe, unis à ceux d’Amérique par le grand marché transatlantique, le marché venant à bout des frontières et structures originelles. Le pseudo-euroscepticisme sera la clé de voute vers une Europe disloquée. Tout ceci impulsé par les forces anglo-saxonnes.
 L’avenir nous le dira…

Loïc Chaigneau pour l’Affranchi.   26/05/2014

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