vendredi 31 octobre 2014

Elle fût Reine par sa grandeur...

Reine, seulement deux mois avant sa mort.



(  Texte à part...                                  
Il y a des choses que certains ne peuvent ou ne veulent comprendre, ceux-là je n’ai rien à leur dire c’est leur droit, malheureusement pour eux.
  Ce texte n’a ni pour but de prétendre à une supériorité du chien vis-à-vis de l’homme ou bien l’inverse, ni encore d’établir des comparaisons douteuses. Il est écrit et issu des sentiments et ressentis.
)

   Accueillir un chien dans sa vie, ce n’est pas comme recevoir un frère ou une sœur, ce n’est pas non plus un/e ami(e)e de plus. Non pas que cela ne puisse jamais être aussi fort, mais avoir un chien, c’est l’aimer, du début jusqu’à la fin de cet histoire et relation. C’est l’aimer, presque comme un enfant, un bébé, l’aimer pour ce qu’il est directement sans le besoin d’en savoir davantage. L’aimer parce qu’il vous accueille lui aussi, dans son monde, vous sourit[1], vous fait sourire, joue, vous fait jouer, aime et vous fait aimer. C’est apprécier son être, sans ne chercher aucune fin, mais découvrir le déploiement et le développement de cet être dans votre quotidien – en sachant que jamais il ne vous trahira ou ne vous décevra. Vous êtes tout pour lui et votre devoir et de lui rendre le plus possible ce qu’il vous offre.
  Certains disent des chiens qu’ils ne leur manquent que la parole.  Or, je dirais que c’est justement le fait qu’il n’aient pas cette parole qui leur permettent de nous dire beaucoup et à nous parfois d’en dire trop peu pour eux. Ils nous comprennent toujours, sans que nous les comprenions tout le temps. S’il y a un manque de parole, ce n’est pas un manque de communication – très simple évidemment, aucun discours rapporté, cela va de soi, mais justement, ici, il n’y en a pas besoin. La relation est simplicité, plaisir, sincérité…

  Ma chienne est sans doute l’une des plus belles choses qui soient arrivées dans ma vie. L’amitié la plus longue que je n’ai jamais eu, durant quatorze années, quatorze années seulement, pourtant. Jusqu’à la fin ses yeux brillaient d’avoir su vivre à chaque instant le moment présent, jusqu’à ce que ce présent devienne trop difficile à vivre. Mais, sa fidélité n’aura jamais défailli, malgré les kilomètres et les mois ont pu nous qui nous ont séparer et même si cela avait duré des années, c’est avec la même joie que nous nous serions retrouvé – sans avoir besoin d’autres explications.
  J’ai eu la chance d’accueillir et de recevoir une chienne extraordinaire dans ma vie : Belle, intelligente, joueuse, drôle, tenace, féroce ou protectrice quand il le fallait, fière, câline… Reine avait tout cela.  Je n’ose pas imaginer ce qu’aurait pu être mon enfance et même ma vie sans elle – rien n’aurait été pareil.

   Ces quatorze années ont fait émergé des heures de jeu, de réconfort, de chaleur émotionnelle, de joie, de bien-être, de sincérité, d’amitié, d’amour.
  Elle a su m’aider dans les moments les plus sombres comme les plus clairs. Sa fidélité et son amour uniques et plus sincères que jamais en fait l’être que je vénère le plus au monde.
  Nous avons su nous guider dans la lumière de la vie, et maintenant qu’elle s’est éteinte dans l’ombre de la mort je survivrai pour elle et avec elle, parce qu’elle est là, parce que je la sens et la ressens.
  Du jour où elle est arrivé, je savais que quoi qu’il arrive, jamais je ne serai véritablement seul.

  Elle était belle, elle était grande, elle avait soif de vie, son amour éternel traversera tous les temps, tous les espaces.
Jamais je ne l’oublierai – dans mon cœur, dans mon corps et mes tripes, son souvenir et son être sont gravés.

  Désormais elle repose en paix, sûre j’espère, d’avoir donné de son vivant ce qu’il y avait de meilleur pour elle et ceux qui l’entouraient..

  Elle fût Reine par sa grandeur d'âme.

A Reine... 


[1] « Les chiens ont le sourire dans la queue » comme l’ecrivait V.hugo – chose que toute personne habitué à les côtoyer sait.

Loïc Chaigneau



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