vendredi 2 janvier 2015

Carnets ouverts de Janvier 2015.

Nouvelle rubrique : carnets ouverts, réflexions et aphorismes indépendants. Mes premiers écrits étaient dans de petits carnets, où je notais les diverses reflexions, plus ou moins abouties, qui m'ont quelques fois bien nourri pour produire quelque chose de plus mûre ou qui d'autres fois n'avait pas vraiment de pertinence aussi... Je les ai délaissé à l'arrivé en classe prépa, par manque de temps.
  Puis, il y a eu le "mur facebook", outil intéressant qui permet de la même manière de laisser sa trace narcissique de la journée, c'est malheureux mais c'est ainsi...Autant essayer de faire en sorte que ce soit interessant et que cela donne à réfléchir alors, c'est le minimum, pas toujours atteint.
  Mais j'aimerais revenir à quelque chose qui se conserve mieux. Si je l’écris ici, c'est parce que de la même manière qu'on ne parle jamais pour se parler à soi, on n'ecrit jamais uniquement pour soi...  C'est d'ailleurs ce qui rend l'ecriture si difficile parfois.   Ces différents aphorismes, n'ont donc pas de valeur theorique comme peuvent l'avoir les articles ou les livres, mais leur but est différent au sens où tel un journal, ils s'adressent aussi à l'auteur lui-même. La manière dont ils s'y adressent, c'est lorsque l'auteur peut, quelques années après, prendre du recul sur ces réflexions régulière et voir l’évolution de ce qu'il a pensé, aimer, etc.
  Reste, ce qu'on a besoin d'ecrire, mais qui n'a vraiment pas vocation à être partagé finalement...Ce ne sera pas là, alors.


  ======================== Janvier 2015 =======================


- La haine envers les juifs c'est le plus souvent une jalousie envers le riche, compréhensible. La haine envers le noir ou l'arabe, c'est une peur envers le miséreux. Dans les deux cas, la peur de la prédation aussi. Là encore, bien plus qu'une problématique ethnique qu'on voudrait faire passer pour un "choc des civilisations", nous retrouvons ici une problématique économique, de classe. Ce n'est donc pas sur le terrain de l'ethnie que le combat doit se mener, mais sur le terrain économique et sociale... Il n'y a pas de couleurs ou de religion du bon ou du mauvais, pas non plus de sexe.


- Certains, sous pretexte d'une sorte d’endurance mentale, quitte tout pour trouver la solitude ou l'isolement. Or, l'isolement et la solitude profonde n'est jamais veritablement geographique mais toujours mental. la geographie ne fait qu'accentuer la solitude mentale, mais si la solitude mentale n'est pas là, elle est peu.  J'ai beau être seul au milieu de nulle part ou bien emprisonné même, si je sais que quelque part ailleurs, quelqu'un, une femme, des enfants, m'attendent... Alors je peux aisément affronter cette solitude, parce qu'on fond de moi je ne suis jamais vraiment seul mais vis toujours accompagné dans ce que je fais. En revanche, lorsque l'essentiel n'est plus là, lorsqu'il n'y a personne qui vit et vibre pour et avec moi comme je vibre pour et avec l'autre, je peux bien être entouré de millions d'êtres, cela m’oppresse et jamais je ne me sens plus seul qu'à cet instant - plus encore quand je viens de perdre l'essentiel.

-La nature ne doit pas être un lieu de retour, ça peut seulement être un recours. Recours lorsque la société civile devient trop invivable.
Notre nature propre n'est pas non plus la nature externe.
C'est là l'un des enseignements de Rousseau. Pas d'idéalisation de la nature ni de bon sauvage...

-A une époque où n'est fait l'apologie que du marginal foucaldien et où le gouvernement place dans ses priorités d'actions les communautés ultra-minoritaires au détriment de la majorité ultra-silencieuse... Hommage aux gens ordinaires, à ceux qui assument chaque jour le principe de réalité et font malgré tout tourner ce monde. Nous sommes les 99%. Hommage à nous tous qui, dans nos gestes quotidiens trop souvent oubliés, changeons la vie... Il est temps de le faire savoir en 2015.

-Le Travail, en soi n'existe pas.Il faut savoir de quel travail nous parlons. Il y a du travail salvateur et positif, dans ce qu'on s'impose à soi comme volonté propre - "l'obeissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté" * - Le travail peut nous elever. Mais le travail aliénant, sur lequel nous n'avons aucune prise, plus encore dans la dynamique de la division du travail, qui exclu la possibilité d'un homme total, nous détruit... On peut prendre du plaisir dans le second, aveuglement, et ne pas être torturé a priori... Et se torturer en un sens dans le premier bien, mais dans un ideal de production qui nous est cher et propre et qui produit du positif.
Nier une realité c'est la subir, l'accepter et la dépasser, c'est la contrôler, c'est ce qu'il nous faut faire avec le travail.


- L'entente sexuelle c'est deux personnes qui ne font qu'un, mais la connexion sexuelle véritable et absolue, totalement enivrante, c'est deux personnes qui font trois...que le tiers advienne ou non, d'ailleurs.

- Le temps est l'alliée par la nouveauté et l'ennemi par le dépérissement et l'habitude...

- L'un des problèmes majeure de la philosophie contemporaine c'est d'avoir mis en placard la perspective historique au seins de la philosophie, telle que l'a introduit Rousseau, prenant ainsi le contrepied des doctrines à la fois naturalistes et surnaturalistes. Aujourd'hui, l'ideologie de la "table rase" l'emporte... Et il n'y a plus rien de notre héritage. La perspective historique est anéanti dans le travail philosophique et au lieu de cela nous avons de l'Histoire de la philosophie. Certes cette dernière est nécessaire, mais ce n'est pas de la philosophie. Or, le monde moderne voit s'affronter sans cesse non pas des philosophes mais des partisans d'une doctrine ou d'une autre, s’essayant à l'Histoire de la philosophie.

- "Si le philosophe était un révolté, il choquerait moins"nous dit Merleau-Ponty, à juste titre ! Au contraire, l'action philosophie, qui mêle théorie et pratique est une révolution structurelle profonde, qui passe par un mouvement reflexif de retour à soi et à la Cité.

- J'ai vécu beaucoup de chose, jeune. J'ai voulu vivre beaucoup de chose, j'en ai vécu, peut-être un peu trop, un peu trop vite. Il m'aura fallu du temps pour comprendre qu'il faut du temps au temps.. Il m'en faut encore... J'aime trop vivre et multiplier sans cesses les expériences.

- Le présent s'impose à moi de fait à chaque instant. Mais depuis cette rupture, c'est comme si mon esprit demeurait dans le passé et cherchait sans cesse à y retourner. Comme s'il cherchait à recréer sans cesse du présent avec le passé, en vain.

-  Attentat Charlie Hebdo (07/01/2015) - Retranscription Facebook :

    - Du coup les Charlies/lots, la semaine prochaine, vous serez des centaines de milliers pour demander l'abolition de la loi Fabius-Gayssot ?
Je demande juste... Les militants du Dimanche aux ordres... J'suis con en fait, 99% des "Charlies" ignorent même jusqu'à l'existence d'une telle loi...
Pour la liberté d'expression pleine et entière !!
« La liberté de publier son opinion ne peut donc être autre chose que la liberté de publier toutes les opinions contraires. Il faut, ou que vous lui donniez cette étendue, ou que vous trouviez le moyen de faire que la vérité sorte d'abord toute pure et toute nue de chaque tête humaine. Elle ne peut sortir que du combat de toutes les idées vraies ou fausses, absurdes ou raisonnables. C'est dans ce mélange que la raison commune, la faculté donnée à l'homme de discerner le bien et le mal, s'exerce à choisir les unes, à rejeter les autres.»
Maximilien de Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, 11 mai 1791
‪#‎Nouveaufascisme‬ ‪#‎DictaturePS‬ ‪#‎Fausseslibertés‬  

   - (En réponse aux nombreux "Je suis Charlie" )JE SUIS toi. Moi. Toutes celles et ceux qui assument le principe de réalité et qui parfois n'en peuvent plus. Je suis nous tous, qui dans nos gestes quotidiens "changeons la vie". Je suis l'enfant dont l'avenir est de plus en plus noir. je suis le parent qui ne ignore s'il pourra offrir un avenir meilleur à ses enfants. Je suis l'ouvrier exploité, je suis l'employé exploité, je suis l’étudiant qui cumule mille activité pour simplement avoir le droit de se former, je suis l'agriculteur qu'on assassine, le policier qu'on piétine, le palestinien dont la vie ne vaut rien Je suis... Je suis...
Je suis Charlie si tu veux. Mais mon combat pour la liberté de la presse, la liberté d'expression et les libertés politiques en général n'a pas commencé aujourd'hui et ne cessera pas dès lors que les médias mainstream arrêteront d'en parler...
Reveillez-vous bon sang... Sinon, il sera trop tard.
=> https://www.youtube.com/watch?v=pTY495I2s-w  

   - Il s'avère tout de même regrettable que, de la même manière que certains se pensent citoyens en allant seulement voter une fois tous les cinq ans, ils se sentent solidaires et renouent avec la fraternité lorsque les médias le leur ordonnent en s’agglutinant dans un même espace... avant d'oublier tout cela le lendemain et de n'avoir qu'un engagement politique dicté et ultra-temporaire...
M'enfin, quand Khadafi fût assassiné, il parait que nous étions tous américains... ce soir, nous sommes tous Charlie..
je tiens à preciser que je n'ai rein contre ces rassemblements en dehors du fait qu'ils ne servent à rien... Et qu'au lieu, encore une fois, de se bouger par reflexe pavlovien dès que les medias et les politiques en font la demande indirecte... afin de defiler bien encadré par les CRS.. Il serait sans doutes plus judicieux d'être en mesure de se lever et de se mobiliser chaque jour et de vivre réellement l'engagement politique...
metro - boulot - dodo - metro - boulot dodo - metro - boulot - dodo - Oooh attentat - manif on est des freres, on veut la libertéééé - metro - boulot - dodo - metro - boulot -dodo - metro - boulot - dodo...
Il y a aussi des personnes qui se donnent la mort chaque jour, des agriculteurs, des policiers, des standardistes... Du fait d'un système qui les tue ! Ca ne nécessite pas que nous nous mobilisions ces morts là?...

---------

- Le souvenir n'est jamais que reconstruction. Nous pouvons donc construire ou deconstruire nos souvenirs. Lorsque je me rappelle, ce n'est pas une image vraie que j'ai mais c'est la construction de ce que j'ai vécu.

- Le héros est dans l'Histoire la figure d'incarnation de "la ruse de la raison".

-  Je ne sais pas ce qu'il en est pour Soumission (je n'ai pas l'argent pour avoir l'envie de le savoir déjà...), mais extension du domaine de la lutte, ça a quand même de la gueule faut le reconnaître !... Puis on peut le trouver à 3euros. Incisif, intelligent, dépressif (mais les bons sentiments font rarement de la bonne littérature, comme le notait Gide). Bref, c'est quand même autre chose que Nothomb où je ne sais quel auteur dépourvu de toute réflexion, tout fond et pire pour un romancier, de tout style.
Bien sûr, comparons ce qui est comparable. Céline, dans son domaine, ne peut être comparé.

-  L’échec de la Révolution Russe d'octobre 17 vient du fait que la Russie n'était pas enclin à pouvoir accueillir le communisme. Au lieu de cela, certains individus ont eu la prétention de court-circuiter les processus  historique logique qui conduisent à une fin du capitalisme inevitable, mais il faut pour cela qu'il atteigne d'ores et déjà son apogée (ce qui a été fait depuis) et tombe en decadence jusqu'à sa chute. Là alors, il faut être à même de saisir les opportunités historiques afin qu'advienne le communisme. Mais la Russie n'y était pas prête et à réduit le socialisme et sa suite logique, le communisme à un capitalisme d'Etat.

-  Ils défilent pour la liberté d'expression le dimanche, ils enferment un humoriste le mercredi... ‪#‎JeSuisDieudo‬
Malgré tous les reproches que je peux faire à Dieudonné et plus encore à A.S, si nous souhaitons réellement défendre la liberté d'expression, notre liberté de pensée librement et nos libertés politiques alors il nous faut défendre tout le monde et en premier lieu les personnes avec lesquelles nous sommes a priori en désaccord !
Rappelez-vous que le propre de la société du spectacle et de la novlangue est de nous servir un discours en totale inversion avec le réel...
Reste à définir d'ailleurs si tout cela ne participe pas à l'ensemble de la même mascarade dans les intérêts de la guerre civile... Charlie, Dieudonné...
En attendant, pour eux, mais surtout pour les autres à venir qui n'auront rien demandé... Puis, autre chose impardonnable, que cela soit orchestré ou non, on en descend à chez quelqu'un à 7H00 du matin pour l'arrêter devant ses enfants pour un tweet ! Vous avez perdus le peu de couilles qui vous restait les gars ?...
JesuisDieudo ! JeSuisReynouard ! JeSuisCharlie ! JeSuisNousTous qui sommes ou allons être persécutés et inquiétés pour nos idées...
« La liberté de publier son opinion ne peut donc être autre chose que la liberté de publier toutes les opinions contraires. Il faut, ou que vous lui donniez cette étendue, ou que vous trouviez le moyen de faire que la vérité sorte d'abord toute pure et toute nue de chaque tête humaine. Elle ne peut sortir que du combat de toutes les idées vraies ou fausses, absurdes ou raisonnables. C'est dans ce mélange que la raison commune, la faculté donnée à l'homme de discerner le bien et le mal, s'exerce à choisir les unes, à rejeter les autres. »
Maximilien de Robespierre, Discours sur la liberté de la presse, 11 mai 1791
« L'opinion publique, voilà le seul juge compétent des opinions privées, le seul censeur légitime des écrits. Si elle les approuve, de quel droit, vous, hommes en place, pouvez-vous les condamner ? Si elle les condamne, quelle nécessité pour vous de les poursuivre ? »

Je suis pour la liberté d'expression totale ! Sans quoi il n'est pas possible de debattre... Dieudonné, Reynouard, Charlie Hebdo et les autres... En sachant que je suis en accord avec aucun des trois, ca tombe bien...

Charlie a été mal compris ? Dieudonné peut-être aussi ? Faurisson même pas écouté...

Je me range du côté de Chomsky pour une vraie liberté d'expression... Cela veut aussi dire qu'il faut les moyens de debattre et que la presse soit vraiment libre et non plus à la solde des banques et de la classe capitaliste.


-
Soutenons-nous les uns les autres wink emoticon
Sous prétexte de liberté d'expression, le système la condamne. Tout est inversé comme toujours. A partir d'aujourd'hui alors, chaque citoyen aura affaire à la police de la pensée. Il devra s'auto-censurer plus encore qu'avant s'il ne veut pas tomber sous le coup de la loi. Les citoyens, les journaux seront contrôlés - c'était déjà le cas. Les citoyens, les journaux voulant exercer leurs esprits critiques seront attaqués, diffamés, traduit en justice. C’était aussi déjà le cas. Mais désormais, c'est officiel et cela devient légal.
Alors, j'espère que nous serons tous en mesure de nous défendre nous-mêmes, "tous pour un et un pour tous", demain lorsque l'un de nous sera traduit en (in)justice pour répondre de son droit à emmètre des idées.
J'espère le plus sincèrement qu'il m'est possible de l’espérer que nous serons nombreux à nous soulever et à ne pas permettre cela, à chaque instant... Tout autant, si ce n'est d'abord, pour ceux avec qui nous sommes en désaccord mais qui n'exercent que leur liberté de parole.
J'espère que nous saurons nous serrer les coudes. Je compte d'abord sur tous ceux qui n'ont pas étaient Charlie (au sens où ils n'ont pas contribué à cette mascarade d'une courte semaine - pas parce qu’ils sont heureux de ces attentats bien sûr), parce qu’ils sont souvent les plus éveillés face à tout cela. Mais je compte aussi sur ceux qui ont été Charlie et en ont le droit - je les invite seulement à faire en sorte que leur combat continue... Nos libertés politiques en dépendantes. Sinon, nous pouvons déjà tous nous taire et ramper...
A bon entendeur... Espérons que le courage balaye la lâcheté...
"Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes,
je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Lorsqu’ils ont enfermé les sociaux-démocrates,

je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes,
je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs,
je n’ai rien dit,je n’étais pas juif.
Lorsqu’ils sont venus me chercher,
il ne restait plus personne pour protester."
Martin Niemöller

- On avorte de dix livres avant d'en écrire un. Que ce soit les idées qui nous y conduisent et qui produisent ce que Platon appelait "dialogue de l'âme avec elle-même", ainsi elles viennent et se contredisent jusqu'à aboutir à quelque chose de plus net ou bien que ce soit les pages qu'il faut réécrire. On avorte aussi des livres qu'on voudrait écrire mais qu'on écrit pas.

-
J'aimerais croire que la Grèce soit encore le berceau d'un renouveau... Mais bon Syriza n'est pas le KKE ou bien même l'EPAM à la limite...
J'attends de voir avant de me réjouir comme un Merluchon de première.
Nous ne sommes pas à une tartufferie près le doute est donc largement bienvenu...
Deux options alors : soit une vrai prise de liberté et d'autonomie en quittant l'U.E et l'euro... soit la soumission à la Commission...

- Il est impossible de toujours profiter pleinement du moment présent sans en préparer le futur... au risque que le futur une fois devenu présent soit bien plus fade de n'avoir pas toujours été preparé ou construit par un passé lorsque ce dernier était présent... Ce qui n'enlève rien au fait de profiter pleinement à chaque instant de ce qu'il y a de mieux dans ce que nous faisons et de profiter de cqui n'est pas à construire mais qui au contraire peut s'enfuir à tout moment dans le futur, même le plus proche...

Loïc Chaigneau
©2015 - tous droits réservés. Reproduction et diffusion.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire